lundi 22 décembre 2008

Comme un roman, Daniel Pennac

Daniel Pennac ? J’avais d’abord fait sa connaissance au travers de la littérature de jeunesse, avec le titre L’œil du Loup, cette belle histoire entre un petit africain et un loup, tous deux arrachés à leur famille, et qui apprennent à communiquer, histoire lue par une large majorité de CM2 et 6e de France et toujours appréciée de ces jeunes lecteurs. Et puis j’ai découvert que Pennac avait dans sa gibecière des livres pour tous les âges et pour tous les goûts : enfants, ados, adultes, comment ne pas l’aimer ?


On propose plus facilement un titre plutôt qu’un auteur à un lecteur qui nous demande de guider son choix, car toutes les oeuvres d’un même auteur ne plaisent pas forcément ou du moins ne plaisent pas de la même manière, à moins de remonter aux classiques : les génies du XIXe, les ‘‘éclaireurs’’ du XVIIIe, les ‘‘Grands’’ du XVIIe...
Pourtant, des écrivains dans l’âme, des gens nés pour la chose écrite, dont l’atelier ne produit que de purs joyaux, de vrais auteurs en somme, pas des fabricants de best-sellers, ça existe aussi de nos jours. Oh oui que ça existe ! Ils ne courent pas les rues bien évidemment, mais je suis sûre de pouvoir en citer au moins un : Daniel PENNAC. Le pourcentage de livres que j’ai lus de lui est pourtant bien infime par rapport à toute sa production : après L’œil du Loup, j’ai lu La Fée Carabine et Au Bonheur des Ogres, avec un bonheur égal à celui d’un ogre qui a bien dîné et qui regrette de ne plus avoir de place dans sa panse. Ce qui m’allait droit au cœur, c’est surtout cette déclaration d’amour au récit, aux auteurs qui l’ont enchanté, à la lecture, à l’écriture, que Pennac distille dans chacune de ses pages.

Le plaisir du lecteur, la perte ou la quête de ce plaisir, les causes qui font que ce plaisir semble éteint, les intempéries qui peuvent nuire à son éclosion, Pennac sait formidablement bien en parler, et c’est ce qu’il fait dans Comme un roman, que je viens de terminer. Je n’en connaissais que quelques extraits auparavant. Que vous dire de cet essai ? Faut-il vous en parler ? le résumer ? Le commenter au risque de pécher aux yeux de cet auteur que j’adore ? En effet Pennac n’épargne pas les ‘‘commentateurs’’ – bloggeurs, critiques littéraires... nous nous reconnaîtrons – qui se substituent trop à l’œuvre elle-même au point de lui porter ombrage, mais en même temps il reconnaît l’importance pour un livre d’avoir un héraut qui dit ses mérites et attire à lui des lecteurs... Bon, en un mot Comme un roman parle du rapport à la lecture, abordé sous tous les angles. Intéressant et révélateur sur nos propres habitudes de lecteur. On se reconnaît dans pas mal de situations, c’est comme si ce livre a été écrit pour nous. C’est peut-être parce qu’il part de son expérience, parce qu’il sait si bien se mettre à la place de l’autre, parce qu’il comprend vraiment le fond des choses que son message est si directement acquis. Son plus grand souci, c’est de faire comprendre à chacun, surtout à ceux qui se croient ‘‘exclus de la lecture’’ que... Mais attendez, je suis en train de me mettre à raconter le livre ! alors que je m’étais promis de ne pas le faire. Je m’arrête immédiatement, non sans vous avoir dit que vous faites une grossière erreur si vous vous dites lecteur et que vous tardez à ouvrir ce cadeau que vous offre Pennac – ouvrez-le, offrez-le à vos amis lecteurs ! – ; si vous pensez que vous n’avez pas le temps de lire, surtout pas un essai ; si vous croyez que cette lecture n’est pas pour vous ; si vous n’inscrivez pas tout de suite cette œuvre en tête de la liste de vos prochaines lecteurs ; et surtout si vous ne possédez pas de Pennac dans votre bibliothèque, quel désespoir ! Combien malheureux êtes-vous alors, même si vous, vous vous croyez heureux avec ce que vous avez de ‘‘bons bouquins’’ dans vos rayons. Croyez-moi, ça ne suffit pas, courez vite vous trouver un Pennac, n’importe lequel : bonheur assuré, garanti cent pour cent.

Son Chagrin d'école, Prix Renaudot 2007, je ne l'ai toujours pas dégusté, oui je sais, je suis impardonnable, d'autant plus que je sens que ce livre-là a été écrit pour moi.

7 commentaires:

Caroline.K. a dit…

Bonjour Liss,
merci pour ta visite. En lisant cet article je sais que je ne sais pas écrire, tout le monde dit que pour bien écrire il faut avoir beaucoup lu, je lirais bien un livre qui parle des lectures de ceux qui écrivent.

GANGOUEUS a dit…

Chère Liss,
Joyeux Noël !

Je suis encore dans les clous pour poster ce message le 25/12 !

Bonnes fêtes et bientôt,

Liss a dit…

Bonjour Caroline K,
Je pense que ce livre de Pennac est tout ce qu'il te faut : il parle des réticences du genre que tu viens d'évoquer, si tu n'as pas le temps de tout lire, tu vas directement à la dernière partie du livre qui énonce les 10 droits du lecteur, je t'assure il le fait avec beaucoup d'humour et de réalisme.
Cela dit, je te souhaite de joyeuses fêtes de fin d'année, et une nouvelle année pleine de surprises, de belles surprises...


A Gangoueus,
Comment tu fais pour toujours trouver du temps pour un coucou à tes amis, en surfant même un 25 décembre ? Tu as vraiment un coeur d'or, j'ai de la chance de te connaître. Bonne année à toi et à ta tendre moitié !

Caroline.K a dit…

Merci d'avoir penser à moi Liss, je venais te souhaiter de bonne fête et voilà que tu as pensé à me répondre au sujet de la lecture. Curieusement j'avais déjà posé une question dans ce sens sur un des nombreux blogs d'intellos que j'ai découvert il y'a peu et je suis un peu choqué par la tendance à se moquer des gens qui ne lisent pas comme si çà faisait forcément des ignares, l'art n'est pas que la littérature heureusement. Enfin tout le monde n'a pas la meme suffisance puisque trois personnes au moins m'ont conseillé. Merci et amuses toi bien.

Liss a dit…

Ce sont ceux qui se moquent qui sont des ignares, car ils ne semblent pas savoir que s'ils croient être en avance par rapport à toi sur un point, il y en a d'autres où c'est plutôt toi qui aurait des choses à leur apprendre, on ne peut pas être au top partout, et il faut bien avoir des domaines de prédilection...
En fait de belles surprises, je pensais par exemple à te découvrir toi-même une lectrice qui s'ignore...
Bises.

daaola a dit…

Bonjour Liss, j'aime beaucoup les 10 commandements au(x) lecteur(s), surtout le droit de ne pas finir un livre (cela m'arrive). Je recommande cet ouvrage comme Chagrin d'école et la "saga Malassène". Bonne fin d'après-midi.

Liss a dit…

Bienvenue Daaola,

Nous avons donc une passion commune pour un auteur. Lire Pennac est un vrai régal. Contente de vous lire et au plaisir de vous retrouver par ici.